Un site gallo-romain exceptionnel à Villemaury
Dans les années 1980-1990, sur le site de « Villevoisson » à Saint-Cloud-en-Dunois (commune de Villemaury), d’importants vestiges gallo-romains ont été mis au jour par Étienne Triau : des antéfixes (éléments décoratifs de toiture en terre cuite) et deux oscilla (plaques en marbre suspendues, sculptées en bas-relief sur leurs deux faces).
Les antéfixes, ornées d’un masque grimaçant surmonté d’une palmette, servaient à décorer les rives de toiture des bâtiments. Un exemplaire identique figure au musée de Châteaudun.
Les oscilla représentent d’un côté un masque de théâtre (barbu ou imberbe) et, de l’autre, un dauphin. Ces pièces de grande qualité, probablement importées de Méditerranée au Ier-IIe siècle, sont habituellement associées à des édifices urbains ou à des lieux de culte.


La découverte d’un sanctuaire privé
L’analyse croisée des découvertes au sol, des prospections aériennes et des images satellitaires a révélé la présence d’un fanum (petit temple carré de 10 m de côté), situé à proximité d’une villa gallo-romaine repérée au Réage de Miary et proche de l’ancienne voie romaine Le Mans–Orléans par Châteaudun.
Les oscilla auraient orné l’entrée orientale du temple, tandis que les antéfixes décoraient les toitures de la galerie périphérique et de la cella centrale.
Ce sanctuaire privé, modeste par sa taille mais riche par son décor, témoigne du statut social élevé de son propriétaire, sans doute un notable de la cité des Carnutes. Les antéfixes étaient probablement produites localement, mais les oscilla en marbre, coûteuses et importées, reflètent un investissement prestigieux dans un contexte rural.
Une invitation à en savoir plus
L’étude complète publiée dans le Bulletin n° 314 de la Société Dunoise explore en détail l’iconographie, les comparaisons archéologiques et les hypothèses d’interprétation. Elle évoque également certaines zones d’ombre : la fonction exacte de ce sanctuaire privé, son lien éventuel avec la villa voisine et la question des échanges commerciaux qui ont permis l’arrivée de ces marbres méditerranéens en Beauce.
Autant de pistes qui, plutôt que de clore le sujet, ouvrent sur une réflexion plus large sur le rôle des campagnes carnutes dans la diffusion des modèles artistiques à l’époque romaine.

Bonjour,
Je vais de ce pas, me replonger dans le 314, l’info m’avait échappée ! Très belle idée, de nous remémorer des articles parus dans d’autres bulletins ! Encore merci à vous ! b
Les vestiges gallo-romains de ce côté de la Beauce sont bien présents et fascinants.
Merci pour ce retour d’article bien instructif !