Le 02 juillet prochain la Fondation Bordas va rendre hommage à son testataire. Après un moment de recueillement sur sa tombe au cimetière du Champdé (Châteaudun), sera inaugurée une plaque commémorative à la Fondation Bordas, lieu-dit La Malassise (Châteaudun).
L’occasion de rappeler un article[1] paru dans le Bulletin numéro 299 (tome XXIII – année 2009) de la Société Dunoise. Nous prenons par ailleurs la liberté d’y adjoindre quelques documents iconographiques.

[1] Une belle institution : la fondation du juge Bordas – Gaston Brillant p. 57

La Fondation Bordas – Lieu-dit la Malassise ©Hubert Limet

UNE BELLE INSTITUTION : LA FONDATION DU JUGE BORDAS

Le 25 octobre 2006, la Fondation Bordas (route de Brou à Châteaudun) a inauguré ses nouveaux locaux destinés à augmenter la capacité et le confort des anciens bâtiments connus sous le nom d’Asile Bordas, œuvre fondée en 1874.

C’est en date de 1865 et 1868 que le magistrat Bordas instituait par testament la commune de Châteaudun légataire universelle de ses biens et immeubles « à charge de fonder dans le domaine de la « Malassise » et de la « Triquetière » un établissement en faveur des orphelins les plus pauvres de l’arrondissement de Châteaudun ». Le 3 juillet 1970, l’œuvre est devenue la « Fondation Bordas » prise en charge en 1984 par le conseil général du département d’Eure-et-Loir. En effet l’établissement avait dû interrompre son activité en 1980, les revenus provenant des fermes étant devenus insuffisants pour héberger quelques 25 enfants. La population dunoise était très attachée à cet « Asile Bordas » dont elle voyait avec sympathie les jeunes pensionnaires se promener sagement avec leurs capes bleues et leurs bérets.

Archives Départementales 28 – Plan du Cadastre Napoléonien –Section O, le Mal-Assise. 1811

Archives Départementales 28 – Plan du Cadastre Napoléonien – Section S, la Triquetière. 1811

Mais qui était donc ce juge Bordas ? Un enfant de Châteaudun où il était né le 1er septembre 1804. Il était le fils du «receveur particulier des finances» de Châteaudun, Louis Bordas, marié le 29 brumaire an XII à Châteaudun avec Marie Lorin. Le ménage habitait au 27, rue de la Madeleine. Leur fils Didier, licencié en droit, fut avocat à Châteaudun où il habitait au n° 12, rue Saint-Lubin. Il fut ensuite juge de paix à Orléans, avant d’être nommé juge au tribunal de sa ville natale. Il était célibataire et n’entretenait avec sa famille que des liens épisodiques voire hostiles ! Son patrimoine, ce qui peut sembler assez surprenant, était évalué à l’époque à 400.000 francs environ par Me Renou, notaire à Châteaudun. Le juge Bordas avait d’ailleurs déshérité sa famille…

Didier BORDAS (collection privée)

Cimetière du Champdé – Tombe de Didier Bordas
© Hubert Limet

 

Atteint d’une grave maladie, le juge Bordas décédait le 14 novembre 1868 à l’Hôtel-Dieu de Châteaudun. Le conseil municipal avait décidé que « Monsieur Didier Bordas serait inhumé aux frais de la commune, qu’une concession à perpétuité lui serait accordée dans le cimetière, et que le conseil assisterait au convoi d’inhumation ». La ville a donné son nom à une rue de la cité dans les « nouveaux quartiers ». Il ne faut surtout pas confondre le juge Bordas avec l’abbé Bordas, auteur de la première « histoire du pays dunois ».

 

 

Quant à la maison du juge Bordas, rue Saint-Lubin, elle fut mise en vente et achetée par Henri Lecesne, qui fut président de la Société dunoise, pour éviter sa démolition ! La commission administrative de l’Asile Bordas se réservait le droit d’enlever la statuette de Saint Lubin avec son dais de pierre ainsi que la porte sculptée…, que la Société était disposée à céder au musée (voir Bulletin de la Société dunoise du premier décembre 1903).

12 rue Saint Lubin – © Cim

« Une belle institution : la fondation du juge Bordas » – Gaston Brillant (2009)

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